Journée mondiale du réfugié - Communiqué de M. Christophe Castaner, ministre de l’intérieur

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Depuis maintenant deux ans, le gouvernement a posé les bases d’une refondation de la politique d’intégration des étrangers primo-arrivants, en particulier des réfugiés, à travers la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’accueil et d’intégration des réfugiés, pilotée par le délégué interministériel à l’accueil et à l’intégration des réfugiés.

Au 31 décembre 2019, plus de 300 000 personnes étaient placées sous la protection de l’OFPRA en France (hors mineurs accompagnants). 46 200 personnes (mineurs inclus) ont obtenu le statut de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire en 2019.

Ces hommes et ces femmes en besoin de protection viennent de tous les pays : Syrie, Afghanistan, Sri Lanka, République Démocratique du Congo, du Cambodge, du Soudan et de la Turquie. Ils ne parlent pour la plupart pas français et présentent des vulnérabilités spécifiques qui nécessitent un accompagnement renforcé vers l’intégration. Ils aspirent à une vie meilleure et font preuve d’une grande capacité de résilience.

C’est l’ambition de la stratégie nationale d’intégration des réfugiés, qui constitue la feuille de route de la politique d’intégration pour les années à venir : intégrer de manière durable, une priorité pour le gouvernement. Leur donner les moyens de maîtriser notre langue, de s’approprier les valeurs de la République, de nouer de nouvelles relations sociales dans leur environnement, de travailler, de participer à la vie culturelle, de s’impliquer activement dans la société dans toutes ses dimensions, est déterminant pour eux mais aussi pour notre société. À l’enjeu individuel s’ajoute un enjeu de cohésion sociale. Les efforts déployés pendant les premières années de présence des étrangers sur notre territoire sont décisifs pour forger ce qui sera leur quotidien tout au long de leur séjour. Le défi consiste également à changer les regards sur ce public, qui a vocation à devenir acteur de notre société.

Grâce à la mobilisation de tous les acteurs, de nombreuses actions ont été conduites et commencent à porter leurs fruits pour l’intégration des réfugiés.

En matière d’apprentissage linguistique et d’appropriation des valeurs de la République, le contrat d’intégration républicaine (CIR) a été profondément rénové, avec un doublement des heures de français, une modernisation des modules, et l’instauration d’un bilan de la situation professionnelle de l’étranger primo-arrivant permettant de l’orienter vers les dispositifs adaptés du service public de l’emploi.

Les projets soutenus dans les territoires mettent l’accent sur l’accès au logement, à la santé et à l’emploi. Les réfugiés se voient proposer un accompagnement global et structurant, prenant en compte toutes les dimensions de l’intégration, à l’image du programme HOPE (hébergement, orientation et parcours vers l’emploi), qui a permis d’accompagner en 2 ans plus de 2000 réfugiés vers l’insertion professionnelle.

La dimension extérieure de l’asile est également un engagement humanitaire fort de la France auprès du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). En 2019, 10 000 réfugiés réinstallés ont été accueillis sur notre territoire. À ce jour, la France se positionne comme le second État de la réinstallation en Europe et le quatrième au niveau mondial. Ce programme a pris ces dernières années une ampleur considérable au niveau européen et au niveau national, devenant l’une des solutions à la crise en Syrie et en Méditerranée centrale en permettant aux réfugiés vulnérables d’accéder légalement et en toute sécurité à l’asile dans l’Union européenne.

La France a renouvelé auprès du HCR son engagement d’accueil de 10 000 nouveaux réfugiés réinstallés en 2020 et 2021, essentiellement en provenance du Liban, de Turquie, de Jordanie, du Niger et du Tchad.

La politique d’intégration des réfugiés s’est ainsi progressivement structurée et enrichie depuis le Comité interministériel à l’intégration de juin 2018.
La journée mondiale du réfugié, qui se tient chaque année le 20 juin, est l’occasion de mettre en avant l’ensemble de ces actions et l’engagement durable de l’État pour ces personnes.

Cette journée se déroule toutefois dans un contexte inédit de crise sanitaire, auquel le gouvernement a dû faire face : un plan de mise à l’abri inconditionnelle des personnes quel que soit leur statut a ainsi permis d’ouvrir plus de 30 000 places exceptionnelles, dont hivernales, y compris pour le public migrant. La continuité des droits des demandeurs d’asile et des réfugiés a été garantie durant cette période. Sur le terrain, les acteurs associatifs ont montré une mobilisation sans faille permettant d’assurer un accompagnement social et une continuité pédagogique. Ils ont tout mis en oeuvre afin de maintenir le lien avec les réfugiés confinés dans les centres et de lutter contre la fracture numérique.

Aujourd’hui, le défi de l’intégration des réfugiés se pose avec d’autant plus d’acuité, justifiant la poursuite de nos efforts communs : l’accès à l’emploi et l’accès au logement demeurent des enjeux prioritaires, tout comme l’accompagnement renforcé des réfugiés les plus vulnérables.

C’est pourquoi l’édition 2020 de la journée mondiale du réfugié sera placée sous le signe de l’engagement : engagement de l’État, des partenaires, des réfugiés eux-mêmes pour surmonter la crise et poursuivre le travail d’insertion. La solidarité, le courage et la résilience des réfugiés du monde entier seront valorisés tout au long de la journée. Au vu des circonstances, cet événement, organisé par le délégué interministériel à l’accueil et à l’intégration des réfugiés, en lien avec le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, prendra la forme d’une émission virtuelle en direct sur les réseaux sociaux.

Dernière modification : 01/07/2020

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